Témoignage au Parti ouvrier indépendant

 

Déclaration du comité 17e/18e pour un parti ouvrier indépendant

  • Contre le « CDD de mission »

  • Contre la « modernisation du travail »

  • Rejet des sanctions contre les demandeurs d’emplois

  • Pour un vrai travail avec un vrai salaire

Telles sont les revendications qui se dégagent naturellement des deux témoignages ci-dessous et qui concernent des milliers de jeunes travailleurs.

Arnaquée par l’Etat

De l’écœurement … voilà ce que j’éprouve aujourd’hui tous les matins quand je me lève pour aller travailler. Moi qui ai toujours cherché à travailler pour être indépendante, je me retrouve aujourd’hui dans une situation absurde que 80% d’autres jeunes travailleurs ayant bénéficié de l’aide à la mobilité connaissent aujourd’hui.

Comme beaucoup de jeunes diplômés, après mes études et une longue période d’Assedic, de RMI etc … je quitte ma région natale, l’Auvergne, pour m’installer à Paris et trouver un travail dans ma branche.

Je trouve rapidement un premier CDD de 6 mois intéressant qui me fait presque oublié le taudis dans lequel je suis obligée de dormir. Je reçois ma déclaration de revenus que je remplis consciencieusement en mentionnant mon déménagement et en cochant une case nommée AR à cocher par les personnes ayant déménagé à plus de 200 Kms de leur ancien domicile pour trouver un emploi.

En septembre je reçois une bonne nouvelle : mon avis d’imposition mentionne un crédit d’impôt de 1500 euros d’aide à la mobilité. N’étant pas imposable je reçois deux semaines plus tard un chèque. Je me renseigne tout de même sur Internet et au centre des impôts et j’apprends que cette aide (créée sous le gouvernement de Villepin) est attribuée aux chômeurs qui ont déménagé pour trouver un emploi de plus de 6 mois. J’encaisse confiante et heureuse le chèque. Cet argent ne m’a pas servi à partir en voyage ni même à faire du shopping : je l’ai immédiatement investi dans la caution de l’appartement petit, certes, mais décent que j’occupe aujourd’hui.

Seulement voilà, j’étais tombée dans le piège. Cette aide n’est pas une aide, mais un boulet, une véritable arnaque. 6 mois plus tard je reçois un avis de rectification des impôts qui me demande le remboursement de la somme perçue avec une majoration de 10% soit 1650 euros. Les motifs invoqués sont les suivants : je n’ai pas totalisé 12 mois consécutifs de chômage juste avant la signature de mon contrat de 6 mois et en outre je ne pouvais pas être bénéficiaire de l’aide au titre de l’année 2006, mon contrat de 6 mois s’étant achevé cette même année.

Après avoir rencontré, grâce à Internet, d’autres victimes, j’ai découvert que tous les motifs étaient bons pour demander le remboursement : contrats saisonniers, 12 mois de chômage non consécutifs … le fait est que la notice des impôts est reconnue par les contrôleurs eux-mêmes comme floue et ambiguë sur ce texte qui peut être sujet à de multiples interprétations.

Le nombre de nouvelles victimes prend une ampleur telle, qu’on se demande sincèrement qui sont les bénéficiaires qui ne doivent pas rembourser.

Alors voilà le pourquoi de mon écœurement : j’ai été honnête, je n’ai pas fait d’erreur dans ma déclaration, j’ai juste signalé mon déménagement et je dois rendre 1650 euros, une somme bien supérieure à mon salaire mensuel. J’ai fait des sacrifices pour trouver un emploi, j’enchaîne des CDD et me voilà injustement pénalisée.

Ecœurée, je le suis aujourd’hui par le gouvernement qui se gargarise de sa politique pour l’emploi et qui brandit les chiffres de la baisse du chômage.

Le droit de faire mon métier

L’argent des Assedic est avant tout l’argent des travailleurs qui cotisent chaque mois au régime d’assurance chômage, l’argent de ces travailleurs qui perdent leur emploi et qui, grâce à la solidarité ouvrière, ont un revenu de remplacement assuré durant leur période de chômage et non l’argent des patrons.

Je suis agent à l’Assedic de Paris, nous avons été nombreux à faire grève contre la fusion Assedic / ANPE qui remet en cause notre convention collective nationale, notre métier et le système même de solidarité nationale.

Cette loi a été votée dans l’urgence et les prémices de cette fusion commencent à se mettre en place en particulier la modification de note métier.

Mon métier consiste à inscrire les demandeurs d’emploi et à leur assurer un revenu de remplacement mais nous commençons à devoir prendre en charge des missions assurées auparavant par l’ANPE.

Par exemple, on commence à nous apprendre à « placer » des aides allouées par l’Etat pour les demandeurs d’emploi retrouvant un travail.

Cette activité qui était exclusivement assurée, auparavant, par l’ANPE nous impose de proposer, voire de vendre, entre autre l’aide à la mobilité qui est versée pour tout demandeur d’emploi retrouvant un emploi à plus de 200 km de son domicile mais dont on a appris, récemment, qu’une grande partie des bénéficiaires se retrouve dans l’obligation de rembourser cette aide à l’Etat.

Cette nouvelle activité nous impose également, de proposer les aides aux employeurs embauchant des demandeurs d’emploi de longue durée ou de plus de 50 ans.

A l’heure où le gouvernement, répondant aux directives de l’Union Européenne, casse par ses contre-réformes notre régime de retraites, notre sécu, notre assurance chômage sous couvert de déficit budgétaire ou de « trou financier», ce dernier n’hésite pas à distribuer l’argent des cotisations salariales en aides diverses : les patrons, grâce à cette aide, sont payés avec l’argent de nos cotisations pour exploiter des travailleurs de plus en plus précaires.

A l’heure où la fusion prochaine annonce déjà la mise en place de sanctions pour les demandeurs d’emploi refusant des offres d’emploi parce qu’ils coûteraient trop cher, l’Etat continue d’offrir aux patrons des milliards d’exonération de charges sociales. Ainsi le 6 mai dernier le gouvernement a présenté aux syndicats son projet de sanction contre les chômeurs. Il s’agirait notamment de remettre au travail les ‘seniors’ des travailleurs de plus de 55 ans qui à partir de 57 ans, quand ils sont au chômage, n’ont plus besoin de répondre à des annonces d’offres d’emploi, lesquelles d’ailleurs , ne débouchent sur rien.

La multiplication de contrats aidés qui ne sont que des contrats précaires proposés aux jeunes et aux demandeurs d’emploi permet aux patrons d’embaucher sans avoir recours au CDI et sans payer de cotisations car la nature même de ces contrats impose l’exonération de charges sociales.

Nous voulons continuer à exercer notre métier c’est-à-dire gérer l’indemnisation des chômeurs et non devenir des contrôleurs de chômeurs auxquels qui nous devrions imposer n’importe quel contrat précaire.

  • Annulation du remboursement du « crédit impôt mobilité » accordé par le gouvernement Villepin à des milliers de jeunes,

  • Maintien du statut des agents Assedic garants des droits des allocataires ; non à la fusion ANPE-UNEDIC,

  • Non à la réforme du contrat de travail ; un seul contrat de travail : un vrai CDI, non à toutes les formes de contrats précaires,

  • Rejet des sanctions contre les sans-emploi

Nous réaffirmons ces revendications au moment où M. Sarkozy dans son interview du 24 avril insistait sur la nécessaire accélération des 55 mesures visant à casser tous nos acquis (retraites, santé, emploi, école…) répondant ainsi aux injonctions de l’Union Européenne.

Extrait du manifeste pour un parti ouvrier indépendant :

« Le parti ouvrier indépendant défend le droit de la jeunesse (scolarisée, étudiante, en formation, salariée ou privée d’emploi) à la qualification, aux diplômes nationaux reconnus dans les conventions collectives et les statuts et rejette donc le processus de Bologne (1999) ( de l’Union Européenne), ce qui signifie le combat pour l’abrogation du LMD et de la LRU.

Le parti ouvrier indépendant refuse que la jeunesse soit condamnée au chômage et à la précarité. Il refuse tout contrat de type C E/CPE et défend le CDI et le Code du travail (…)

Le parti ouvrier indépendant défend le droit de la jeunesse à un avenir, contre l’exploitation, la guerre, la drogue, la déchéance et le désespoir. Il agit pour l’accès légitime de la jeunesse à un logement décent et abordable, à la culture, au savoir, aux loisirs, bref, à tous les moyens de son épanouissement, unie avec les travailleurs dans leur lutte pour leur émancipation. »

Nous vous invitons à préparer le congrès de fondation pour un parti ouvrier indépendant lors de nos deux prochaines assemblées :

  • Mercredi 21 Mai à 19 heures ( 127 rue Marcadet – Paris 18)

  • Mercredi 11 Juin à 19 heures



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